Au fil du [prin]temps – N°6 – Edito

Rouge ou vert ? Cette question ne concerne malheureusement pas la nouvelle carte électorale de la France mais sa carte sanitaire. Elle sera actualisée chaque jour pour servir de guide aux mesures de déconfinement, notamment la réouverture des écoles, en fonction du taux de cas nouveaux dans la population, des tensions hospitalières et, d’ici le 11 mai, des capacités à tester.

Pour le moment, nous sommes dans la zone… orange ! L’épidémie recule (moins de nouveaux cas), mais nous sommes toujours en tension sur les hospitalisations. Cela ne signifie pas que la crise sanitaire est terminée. Le retour à la normale devra rester très prudent et progressif. Nous mesurons à quel point nous avons besoin d’un service public hospitalier fort, et ce numéro spécial de notre newsletter tombe à pic pour en parler, tout comme la pétition du Printemps Marseillais pour soutenir l’APHM.

Pour le reste, notre édito de la semaine dernière reste valable : le système D continue ! Les repas de la cuisine centrale sont arrivés, mais la Ville ne s’occupe ni de la livraison, ni la distribution, alors que nous avions alerté sur ce point. Sur le terrain, c’est aux associations et aux bénévoles d’organiser la distribution, avec des risques de disputes ou de rupture de la chaîne du froid. Une fois de plus, cet amateurisme municipal vient gâcher une bonne mesure. Nous demandons que les mairies de secteurs s’assurent d’un système de distribution sécurisé et non clientéliste.

Pour les masques réutilisables commandés par la Ville, nous commençons à connaître les entreprises retenues et c’est assez étonnant : on y retrouve un fabricant de maillots de bain marseillais qui ne produit pas forcément sur place, ou des entreprises d’autres secteurs, mais pas les ateliers de couture de la ville. C’est une occasion manquée de soutenir une filière locale autour des artisans ou de l’économie sociale et solidaire. On ne sait toujours pas comment ces masques seront distribués. La Ville de Poitiers va distribuer par la Poste 90.000 masques lavables et réutilisables. Pourquoi ne pas s’inspirer de ce type de mesure simple et pratique ?

Outre les écoles, bien d’autres questions se posent : le peu de préparation du réseau RTM au déconfinement, la détresse silencieuse des personnes âgées, handicapées, isolées, les femmes et les enfants maltraités. Dès maintenant, et pas dans un « monde d’après », nous aurions besoin de beaucoup plus de services à la personne, de soins, de structures d’accueil et d’écoute. On peut voir là un gisement d’emplois pour la suite, après tout : cette fameuse économie du « care » (soin en anglais).

Beaucoup de sans-abris sont actuellement logés dans des hôtels… jusqu’au 30 mai. Alors que le secteur du tourisme va être gravement atteint par la crise, pourquoi ne pas reconvertir définitivement certains hôtels en lieu d’hébergement ? Certains le souhaitent. C’est peut-être une mesure qui contribuerait à l’amélioration durable de la situation des personnes à la rue, dont le nombre est évalué de 10 à 15 000 dans notre ville.

Vous le voyez, nous sommes toujours confinés mais pas en manque de pensées, d’alertes et de propositions car j’écris cet édito en lien avec vous toutes et tous. Voilà pourquoi nous organiserons un Premier Mai festif et combatif sur les réseaux sociaux, avec un générateur de slogans et des photos de banderoles. Disons-le tous ensemble : #PremierMaiPasLeDernier !


Sophie Camard, tête de liste du Printemps Marseillais pour le 1er secteur

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