Au fil du [Prin]temps – N°7 – Edito

Nous voici à quelques jours de la date officielle du déconfinement, ce fatidique 11 mai. Loin d’un sentiment de libération tant attendu, beaucoup de parents d’élèves et d’enseignants expriment de l’angoisse et de la peur à propos de la rentrée scolaire. Sur cette question des écoles, le Printemps marseillais s’est donné le temps d’apprécier objectivement la situation dans notre ville. Sans surprise, la situation dégradée de nos écoles d’avant le confinement est une difficulté majeure, dans de nombreux cas, pour nous mettre aux normes sanitaires. La Ville est dans l’incapacité structurelle d’organiser une consultation en temps réel avec la communauté scolaire. Aussi, la confiance, qui avait disparu avant le confinement, n’est-elle pas réapparue par magie ! Nous allons donc certainement vers une rentrée scolaire très mesurée et progressive à Marseille.

L’école et le logement restent les deux thèmes majeurs de crispation dans notre ville. Ces deux derniers mois, la crise du logement n’a pas été confinée. Des personnes ont été délogées (rue Curiol dans le 1er), des toits se sont encore effondrés (rue Labry dans le 4ème), des démolitions ont été annoncées rue d’Aubagne.

J’ai lu attentivement le courrier des architectes et ingénieurs de la Direction de la prévention et de la gestion des risques de la Ville de Marseille, parue dans Le Ravi du mois d’avril 2020. Une tribune d’un collectif d’associations s’en est fait l’écho dans le journal Libération du 16 avril 2020. Ces cadres alertent sur le « burn out » de leur service et donnent les chiffres : 2 600 signalements d’immeubles sous suspicion de péril sont en attente d’une prise en charge, 230 immeubles en péril grave et imminent ne sont pas suivis. Ils dénoncent les délais très longs de validation et de signature des arrêtés de péril, l’incapacité de la Ville à se substituer aux propriétaires lorsque ceux-ci ne réalisent pas les travaux.

Nous savons que l’urgence est de renforcer les compétences dans les services, de lancer plus de travaux d’office, de traquer les marchands de sommeil, de faciliter les dossiers pour les aides à la réhabilitation, avec tous les contrôles nécessaires. En effet, certains retours de personnes délogées se font de manière précipitée, après des travaux à la va-vite qui ne sont pas rassurants.

Nous devons reprendre le sujet sur le fond : identifier les logements pour les opérations tiroirs de relogements temporaires, ne pas attendre un danger « grave et imminent » pour prendre des arrêtés de péril simples permettant de traiter les situations plus sereinement, réquisitionner les logements vides, maîtriser le foncier et réguler les loyers, lutter contre les locations saisonnières abusives, imposer une conception de l’urbanisme fondée sur l’écologie et la mixité sociale. Le groupe de travail « logement » du Printemps marseillais, animé par Patrick Amico, va reprendre ses travaux pour actualiser et approfondir notre programme.

Et qu’en est-il de la rue d’Aubagne ? Noailles a été tellement délaissé qu’il n’existe à ce jour aucun projet écrit ni concerté pour l’avenir de ce quartier. Pour les habitants, les blessures du passé, et la difficulté à se projeter, expliquent sans doute le malaise récurrent autour de chaque décision municipale. Dans ce contexte douloureux, nous prenons l’engagement de tenir compte des expertises, d’écouter toutes les idées et contributions qui pourraient remonter du terrain, dans l’esprit d’un « atelier citoyen d’urbanisme ».

Je me prends à imaginer un Noailles toujours populaire et différent. Je ne voudrais pas qu’on y fasse des blocs en béton moches. J’aurais envie d’écouter les amoureux du bâti ancien, les pros des matériaux écologiques, les historiens, les artistes… Qu’on se laisse aller à un peu d’utopie pour voir ce que nous pourrions fabriquer d’authentique.

Je vous dis à bientôt pour en parler de vive voix !

Sophie Camard, tête de liste du Printemps Marseillais pour le 1er secteur

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