Depuis l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne et les marches de la colère sous les fenêtres du Maire, l’Hôtel de Ville est barricadé, par de tristes barrières anti-manifestations.

Et si on voyait différemment notre Ville ? Et si on arrivait à créer du dialogue et de la confiance avec les habitants ?

Faisons un rêve, ou juste un regard nouveau. Voici quelques éléments de programmes que j’ai présentés à la presse, le 1er octobre 2019 en tant que co-chef de file de la France insoumise. Je sais qu’ils seront portés par la liste du Printemps marseillais et je m’en réjouis.

1/ Faisons de Marseille une Cité, une Cité accueillante et remarquable

Marseille ne sera jamais « normale » et c’est tant mieux. Ce qui est aujourd’hui négatif, nous voulons le transformer en points forts (la créativité, la solidarité). Soyons remarquables !

Une Cité avec des lieux remarquables et vivants : son patrimoine historique, culturel et naturel (il n’y a pas que la Parc des Calanques), son bâti à réhabiliter, son littoral à protéger de la pollution et de la privatisation (non aux plages payantes et grillagées), des lieux de mémoire du XXème siècle qui parlent à toutes les communautés, des lieux de démocratie (Agoras) dans tous les secteurs qui nous manquent cruellement.

Mobilisation pour protéger le site antique de la Corderie en 2017

Le point commun de tout cela, c’est que nous ne voulons plus que Marseille soit un far west pour promoteurs immobiliers. Je renvoie en annexe à notre contribution LFI que déposée dans l’enquête publique sur le PLUI (15 propositions clé).

Comment mieux accueillir quand nous vivons une crise du logement sans précédent ? 4000 personnes sont délogées à ce jour, dont seulement 52 ont un relogement définitif. Il y aussi les copropriétés dégradées, les cités HLM insalubres…

Nous ferons respecter la Charte du relogement

Nous transformerons les outils publics de la Ville (SOLEAM, Marseille Habitat), au service de la population

Nous lancerons des Etats généraux du Logement à Marseille pour mobiliser tous les bailleurs sociaux et les opérateurs de l’immobilier, et nous aider à transformer l’habitat… dans la deuxième ville de France !

Marseille est un port, spécialisé aujourd’hui sur les croisières et la réparation navale. Malheureusement, on en parle trop souvent pour ses nuisances sonores, sa pollution, du travail détaché sur les chantiers. Nous ne sommes pas contre les ports. Au contraire, ce sont des lieux d’échanges et d’ouverture au monde, c’est une source d’activité et d’emplois considérable. Nous aimons le port qui a su accueillir l’Aquarius, le port qui permet les échanges entre les deux rives de la Méditerranée. Nous porterons la vision d’un port de la transition énergétique et de l’excellence environnementale, d’un port avec des critères d’emploi local et de normes sociales dans ses investissements, et qui améliore la concertation avec les riverains.

Marseille doit devenir Agora. La démocratie participative sera au cœur de notre campagne, avec l’organisation d’assemblées citoyennes partout où nous le pourrons.

Nous voudrions avancer, avec d’autres, sur l’idée d’un RIC réalisable (travailler sur les critères techniques), et des conférences de consensus pour rendre concrets des projets ou des propositions qui font polémique sans trouver de solution (ex. faire reculer la place de la voiture : tout le monde est pour… sauf pour soi-même).

Des cités comme Barcelone ont développé des outils de participation citoyenne comme la plateforme DECIDIM, qui est en open source. Nous prenons l’engagement de la développer au niveau de la ville de Marseille si nous gagnons les élections. Et dès la campagne, nous trouverons les équipes pour nous former et tester cette plateforme dans nos réunions.

2/ Une Cité active, avec des citoyens… et des citoyennes

Et si Marseille était une femme ?

A Marseille, comme en France, il y a plus de femmes que d’hommes.

Nous souffrons du manque de travail, de la pauvreté, de la précarité. Le sous-emploi de la Ville concerne particulièrement les femmes. Seulement 48% des femmes de plus de 15 ans ont une activité professionnelle (53% en France). 96 000 femmes sont retraitées, souvent des femmes seules, âgées, qui ont besoin d’attention. En plus des femmes retraitées, 100 000 femmes sont sans activité professionnelle, souvent seules avec des enfants, alors qu’une bonne partie d’entre elles pourraient ou voudraient travailler.

Ce qui bénéficie aux femmes bénéficie à tous.

-Créons des services publics aux horaires adaptés (écoles, crèches), des transports publics pour permettre aux femmes, donc à tous, d’avoir une vie plus facile.

-Développons le sport et les expressions artistiques féminines, en portant attention aux petites filles.

-Rendons l’espace public et les lieux de vie tranquilles et apaisés.

-Mobilisons les entreprises et le secteur de la formation sur la mixité des métiers, mais surtout, développons une économie de proximité qui réponde à nos besoins : la santé, l’économie sociale, le petit commerce et l’artisanat, le bâtiment durable, l’usage du numérique pour tous, le recyclage et la réutilisation (économie circulaire).

>Pour un baromètre de l’égalité F/H à Marseille

>Expérimentons vraiment le dispositif Territoire zéro chômeur

3/ Marseille, notre petit bout de République sociale

Nous parlerons beaucoup de démocratie, mais il n’y a pas démocratie sans égalité réelle… Sans quoi, le résultat dans les urnes et dans les concertations reproduit le clientélisme, la corruption, les pratiques mafieuses. Nous devons appliquer le principe républicain d’égalité : égalité de traitement, égalité des chances, laïcité.

Cela commence par l’école. On connaît la situation.

Un grand plan de rattrapage pour l’école, c’est au moins 500 M€ d’investissement sur le mandat. Avec cette somme, on peut construire 25 à 30 nouvelles écoles et trouver des moyens pour de la réhabilitation.

Pour l’entretien courant et l’écoute de la communauté scolaire, chaque conseiller municipal de la majorité sera tenu de réaliser au moins 5 visites d’écoles par an, accompagné des services techniques compétents, pour remonter les doléances et savoir y répondre.

Une politique culturelle et sportive pour tous

-Contre l’autocensure sociale, permettre un accès basique à la culture : Ex. L’éducation musicale (à quand un projet d’établissement pour le conservatoire de musique ?), un plan bibliothèque, les musées

-Créer une politique d’éducation populaire, avec les centres sociaux, le service civique, les écoles, les associations spécialisées dans ce domaine

-« La culture dans la rue » : les arts du cirque, les fanfares, la danse,

-L’Opéra de Marseille et ses artistes salariés (dont tout un orchestre) : A quand un projet qui le fait rayonner dans toute la ville ?

-Mettre tous les équipements sportifs aux normes… et les ouvrir !

-En plus des piscines existantes à réhabiliter, nous avons les moyens d’implanter une piscine publique de même envergure que la piscine Yves-Blanc à Aix (bassins olympiques).

Face à la violence et au désespoir, une politique de prévention et de justice :

-Des moyens humains dans la prévention et visibles sur le terrain

-Des politiques de santé et de prévention de la toxicomanie (la Ville avait un service innovant et des personnes engagés en la matière jusqu’il y a peu de temps)

Mener un débat courageux sur la prohibition du cannabis qui est complètement inefficace

Pas un enfant à la rue, en lien avec les équipes du Samu social

Garantir l’espace public et protéger nos biens communs : les plages, l’eau, l’air, le patrimoine accessible à tous (ex. Villa Valmer).

4/ Marseille et sa métropole, mobilisées pour l’urgence climatique

La Métropole a été créée pour mieux développer les transports collectifs. Elle gère aussi les services de propreté et déchets. Qu’en est-il aujourd’hui ? La station Capitaine Gèze n’est toujours pas ouverte [Actualisation : elle a été inaugurée le 16 décembre 2019 avec plus de 5 ans de retard]. On attend toujours le tramway Nord/Sud ou une vraie politique du vélo…

Levons des moyens financiers pour mettre enfin notre Ville à niveau, soit par un opérateur public dédié aux infrastructures de transport du Grand Marseille, soit par un service de la Métropole capable de mobiliser les financements d’Etat, européens, bancaires…

A cause de l’incinérateur, les filières de tri et de recyclage sont sous-développées à Marseille, à part le verre. Il nous faut un plan d’économie circulaire à la Métropole pour recycler et réutiliser sur place et créer des emplois locaux (déchets électronique, meubles, déchets du BTP…)

Mais il nous faut surtout rendre l’écologie populaire.

Un geste pour deux bonus environnement : Donner une bouteille ou une canette au recyclage doit permettre de voyager gratuitement sur le réseau RTM, via un système de cartes à points par exemple (ou sur son téléphone). C’est un système vertueux, une économie du don qui permet aussi de voyager gratuitement sans être pointé du doigt.

Appliquer les critères environnementaux : végétalisation contre les puits de chaleur, matériaux durables, isolation thermique, énergies renouvelables, dans tous les équipements publics et dans les plans locaux d’urbanisme et d’habitat.

Voilà pour ces premières propositions. Ce sont de premiers mots, pas les derniers. A chacun de contribuer dans la campagne municipale !